
Par René Bagalwa
Le Parc National de Kahuzi-Biega, joyau de la biodiversité congolaise et site du patrimoine mondial de l’UNESCO, est en proie à une destruction alarmante. La recrudescence des conflits armés dans la région du Sud-Kivu a créé un vide sécuritaire exploité par des réseaux criminels, mettant en péril cet écosystème unique.
Selon des sources locales du groupement de Kalonge, territoire de Kalehe, situé à une soixantaine de kilomètres à l’ouest de Bukavu, le parc est le théâtre d’activités illégales intensives : exploitation minière aurifère, abattage d’arbres pour la production de planches et de charbon de bois, et braconnage. Ces activités sont exacerbées par la guerre entre l’alliance Fleuve Congo (AFC), le M23 et les forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).
Bienvenu Nyabirungu Matthieu, habitant de Kalonge, avait récemment alerté sur la disparition imminente d’espèces animales et végétales emblématiques du parc. Les autorités locales et les défenseurs de l’environnement n’ont pas cessé de lancer un appel pressant au gouvernement congolais et aux organisations internationales pour une intervention d’urgence.
Le Parc National de Kahuzi-Biega, célèbre pour sa richesse biologique, abrite une population de gorilles de Grauer, une espèce en danger critique d’extinction, ainsi qu’une faune et une flore exceptionnelles. Depuis 2022, le parc subit des attaques et des pillages répétés, avec un trafic intensif de bois et de charbon de bois vers Goma, avant même l’intensification des combats avec le M23.
La société civile environnementale congolaise, par la voix d’Aruna Josué, avait également dénoncé le pillage systématique des ressources du parc. Selon ses estimations, plus de dix tonnes de charbon de bois sont exportées chaque semaine depuis les zones de Kalehe centre, Kalonge et Kabare, conséquences directes de la déforestation du parc.
Malgré les efforts du gouvernement provincial pour lutter contre ces activités illégales, les résultats restent mitigés. La présence récente d’éléments du M23 et de l’AFC à la station de Tshivanga, quartier général du parc, complique davantage la situation. Les écogardes, dont les patrouilles sont limitées, se trouvent dans l’incapacité de protéger efficacement le site.
La situation à Kahuzi-Biega est critique. La disparition de ce patrimoine naturel aurait des conséquences désastreuses pour la biodiversité mondiale et pour les communautés locales qui en dépendent. Une action concertée et urgente est nécessaire pour sauver ce trésor de la RDC.










